
Bio-dispositif.

"Les drogues nous ennuient avec leur paradis. Qu'elles nous donnent plutôt un peu de savoir. Nous ne sommes pas un siècle à paradis"
Henri Michaux.
Alcaloîdes profanes, préparation:
1 bouteille - rhum brun - cannelle - mangue - citrons verts - champignons psilocybes hawaïens - 1 scorpion noir - un serpent feuille - quelques morceaux de cactus peyotl. (macération de plusieurs semaines/ serpent et scorpion "décoratifs" uniquement disponibles au Vietnam)
-Extrait de l'expérience et autocritique: Je m'assois, je pars, non je ne me lève pas, je me vois, je te devine, je me devine, je me vois toi, je me parle je devine encore ce que nous allons dire, je fais ce que tu veux tu fais ce que je vois te dire de vibrer, je suis deux je me vois en train de me parler, je suis trois nous rions ensemble, nous nous rassurons/diamants et nous nous connaissons transformés. je me réveille dans la voiture, me sens très mal,il fait jour, la lumière est mauvaise, je vomis encore.
Après cette expérience, le seul dispositif que j'aimerais maitriser c'est une sorte de vue en réel de soi à travers mes propres yeux dédoublés, ainsi que par l'intermédiaire de ceux des autres, une sorte de compte rendu visuel complet de la non-expression de l'altérité envers soi.
Premier souvenir visuel, pour Pascale.
La fille du Diable.
Une vieille voiture sur une route de provence, mon père au volant qui sent fort l'anis, ma mère fume un cigarette, un petit à l'arrière regarde par la fenêtre, il semble vouloir jouer avec la Lune.
Elle sort de nulle-part, tout à coup elle me fixe, elle est bien ronde et brille comme une grosse pièce de cinq francs. La voiture roule vite, la Lune ne s'en soucie pas, pas même des arbres bordant la route qui la batte, elle me surveille, elle m'aime bien, je ne la lâcherai pas des yeux avant elle. Elle roule sur des câbles électriques, puis d'un coup rentre dans la colline et ressort d'un gros camion pour se cacher juste un peu derrière un petit clocher, un moment plus tard je me cache comme pour lui faire peur et surgit d'un coup pointant mon doigt vers elle, la visant de mon arme, je lui tire mes bruits d'enfants. Puis me lasse à la longue de la façon inerte dont elle se moque de moi. Je reviens un peu à la fenêtre, le front contre la vitre froide, les vibrations du moteur me faisant claquer les dents.
IMAGO CHIMAERA . analyse de "letter to Jane" pour Delphine.

Chimère; symbolique:
En son sens étendue , toutes les créatures composites possédant les attributs de plusieurs animaux, ainsi que les rêves, fantasmes, et les utopies impossibles.
Après avoir largement relus ces pages d'anti-réthorique, théoritico-intellectualo-idéalo-critiquo-tout ce que tu veux. J'en déduit que: Jean-Luc et Jean-Paul acceptent fort bien leur condition d'impuissants aux mots. Car il faut, je pense, être un minimum téméraire pour s'attaquer à cette espèce d'image accidentelle que j'appelle ici « Chimère » . Elles existent et subsistent depuis toujours, et le fait le plus intéressant (d'après la légende antique) c'est que l'on ne retient pas vraiment le nom du héros qui tente de tuer le monstre, mais bel et bien l'état mutant dont elle fait éloge, (monstre, monstration, montrer).
Les figures deviennent Chimère, lorsqu'une image (représentation) captures plusieurs entités, aux postulats disparates, parfois opposés, finis, et les supposent à être assemblées, piégées ensemble grâce à un collage, un fondu, un enchevêtrement, une confusion pouvant désordonner les statuts inhérents aux figures mettant le réel de coté au profit du légendaire, de l'hétérotopie.
A l'instar de la photographie avec Jane Fonda au Vietnam où elle mute par le blanc de sa chemise avec le vietnamien au second plan, et par un cadrage proche avec le casque, les corps se lient dès lors, le monstre est créer et ne se comprend apparemment pas de lui même (positionnement de J-L et J-P) . Cette image possède une inertie géométrique/chromatique et de fait ne documente quasiment pas, elle illustre en raison du point de vue photographique conscient de son auteur, qui lui seul peut alors prétendre à créer de l'histoire, et ce fantasme fabuleux. Ce cas démontre bien que si on ne peut pas représenter l'espace temps, on créé des symboles aussi pertinent et dérangeant que celui-ci.
Toutes images méritent d'être questionnées, du point de vue politique, artistique, historique,philosophique, géographique, technique... Mais quand Godard et son pote nous mettent 20 pages de réflexions et questionnements aussi poussés, ils pourraient quand bien même réfléchir à ce que l'image à décidé de nous monter d'elle même.
« Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux » V. Hugo
Analyse vidéo pour Délphine.
Steve McQueen "giardini"

Des expériences, des endurances, les patiences des travaux passés.
Pipilotti Rist qui quand bien même rend à l'ordinateur une saveur presque humaine; la théâtralisation de nos vies quotidiennes de manière quasi mathématique de Mark Lewis; l'indifférence au temps, voir même l'ablation de cette matière par Shaun Gladwell. C'est peut être du syncrétisme de toutes ces luttes que Steve McQueen à fait naître son oeuvre vidéo « Giardini ».
L'Introuvable, je ne peux que visionner des bribes de cette vidéo sur internet. Il m'est donc imposé l'épreuve d'une analyse morcelée d'après me souvenir. Tant mieux. Je m'éfforce d'autant plus de me rappeler de cette situation biennalistique.
De grands escaliers, une file, une séance avec horaires des visionnage imposés, l'artiste doit être un peu prétencieux … J'entre dans une salle très sombre, pas de sièges, de pauvres estrades en moquette. Tout pousse à la sieste, deux écran se découpent la vidéo commence.
L'image est impeccable, lente mais sans mollesse; le mouvement de levriers est magnifique, je pense tout de suite à « Bear » (film de 1993 deux hommes se lance dans une lutte animale, où l'on ne perçois jamais une once d'issue). Le corps de ces chien est taillé uniquement pour la course, la lutte s'opère à même la bête. Ils subissent ce corps qui n'incarne que l'effort, sa fonction mère. Pas de gras, pas d'étoffe, une gueule frêle, ils sont tout sauf menaçants. Le combat est calme, singulier, l'athlète sans gloire aucune. -ANDREIA- Les pavillons sont là dans la tiédeur d'une fin d'automne vénissien, les arbres sont nus, des tas de déchets parfaitement organisés, pas de compétition, une durée. La pierre, les feuilles mortes, et les chiens paraissent seulement. Tout est franc, il se permet le courage de la vérité dans l'arène des moments, et des images. C'est, je crois l'art du déséquilibre qu'il nous confie en pleine biennale où le soleil et les touristes se permettent tous les parcours. Avec « Giardini » il introduit une sorte de levier, avec une force minimale qu'il met en acte pour introduire dans la salle un basculement. Il nous expulse du présent. Désormais il affronte tous ses public, les met en état d'attente par un dispositif bien connu de ceux ci, leurs donnant à voir rien d'autre que l'essence du moment choisit. Il installe alors de fantômes et nous laisse quitter la salle croisant la prochaine file de gens attendant leur tour, et changeant notre regard face aux futur initiés qui prendront ou non la branche qu'il nous tend pour faire levier.
Sur le Coran de la Caravane.
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Hétérotopie de Paul Klee
"J'imaginais des filles en pleurs, avec des vagins en larmes". (11 ans, journal)
ARTAUD.

« reconnaissons que ce qui à été dit n'est plus à dire; qu'une expression ne vaut pas deux fois, ne vit pas deux fois; que toute parole prononcée est morte et n'agit qu'au moment où elle est prononcée, qu'une forme employée ne sert plus et n'invite qu'à en rechercher une autre ».
Dans l'écriture d'Artaud ce qui est le moins évident à travers sa follie, c'est de savoir à qui il s'adresse. J'apprécie ses confessions, parfois même je suis en accord avec; mais déjà dans le titre de l'oeuvre je suis perdu avec sa notion de « double ». Est-il lui même le double de son théâtre, est-ce le spectateur, la foule? Son texte est entier, et rare sont ceux qui parviennent à nous faire oublier le papier. Les mots sont là et ils parlent encore aujourd'hui car il ne dit pas quand il écrit, il crait la forme, et comme il s'emploie lui-même à l'écrire « une forme employée ne sert qu 'à en rechercher une autre.
Pas de place pour la séduction, il s'adresse à lui-même avant tout, à son double couché, mort sur le papier qu'il tente de réanimer. Cependant il parle aussi de NOUS, et permet ainsi au spectateur d'entrer dans sa pensée; car je ne pense pas qu'il s'adresse seulement aux grands initiés. Ce qu'il transmet est sans prix, car ça n'existe pas. C'est peut-être ça l'art : Ce qui N' EST PAS? Un ? Sans naissance, sans mort, sans vulnérabilité face à l'étant? Ce qui pourquoi l'acte de création ne doit ni répéter, ni reproduire; sous peine d'être pollué par je ne sais qu'elle passion humaine souffrant de l'inertie déjà établie.
Pour lui le théâtre est le seule remède à l'art face à la vie, la seule façon de rencontrer le subtil, le sensible, les forces pures.
« La foule aujourd'hui comme autrefois est avide de mystère : elle ne demande qu'à prendre conscience des lois suivant lesquelles le destin se manifeste et de deviner peut-être le secret de ses apparitions ».
Son idée du théâtre de la cruauté est d'autant plus claire qu'elle utilise les même stimulis sensationnels qu'une institution peut-être encore plus ancienne que le théâtre de Sophocle. Les temples, les religions s'emploient depuis des siècles à l'entertainement, construisant des édifices vertigineux, accompagnés de tout le God's kit: musique, cérémonie, costumes, encens, messes, fenêtre sur l'éther, transes … Un tel ensemble sensationnel, chargé de mystère, rendant « un service » au public c'est un peu l'idée d'Artaud? A la différence que pour le divin il n'y à pas d'artiste pour se venter de l'oeuvre se répétant depuis la soit-disant création. Cependant là où je crois que Artaud innove, c'est qu'il créé avec son théâtre l'église de la forme qui ne ressuscite jamais.
Notion de collectif dans le prologue d'Oedipe Roi.
Dans le prologue le récit nous apprend qu'avant d'être le géniteur d'une « lignée abominable » Oedipe est plus que tout autre homme, le père de sa cité.
L'impression qui m'est donnée à la sortie de ce texte, est quelque peu similaire à celle que je pourrais avoir en étant le spectateur du caprice qu'un petit enfant pourrait infliger à son père. Perdue sans notice patriarcale, l'enfant mis en défaut par un quelconque mal-être entame une cérémonie psycho-affective, suppliant que l'on s'occuppe de lui, en vertu de son impuissance face aux responsabilités qui incombent à son père. Oedipe fort de sa renommé qu'il endossa grâce à l'épisode du Sphynx, est d'autant plus sollicité par son peuple qui lui voue un culte exemplaire. Il met en jeu sa position face à la cité, à sa famille, et plus que tout face à lui même. Hormis l'aspect divin des évènements, voilà comment, je pense Oedipe céda au caprice de son peuple. L'Oracle, lui donnant la voie du placard où se trouvent les couches.
Soeurs Couturre Consortium.

A propos des vidéos Lou Annaby, et Close up 2.
« Si vous trouvez une quelconque morale ou matière à penser directe à travers ces vidéos, sachez que ceci n'est pas notre but ». D. Couturre
- Ces pièces collectives sont nécessaires au maintient de nos santés morales, ou sensibles. Elles sont construites de façon à nous servir d'outils de défense face à ce que nous appelons l'art-naque. Une sorte d'exutoire permettant de nous purger de toute la matière artistique hétérogène que nous absorbons en grande quantité, de grès ou de force. Nous nous appuyons fondamentalement sur la gratuité du geste, car il est entendu dans ce consortium de compétences diverses, que tout travail ne mérite certainement pas salaire. Étant étudiants en industries culturelles, nous nous devons d'avoir un avis critique acéré face à l'univers de médias étant en lien direct avec l'environement politique et artistique actuel. Sachant que les principaux actionnaires de la presse d'art sont également les plus grands « collectionneurs » il est de fait que beaucoup d' oeuvres ne possèdent plus la puissance de pensée propre à l'essence qui les transcendent, et dès lors deviennent de superbes médiums pécuniers. Quel service rendre au spectateur, comment se rendre vraiment utile?
Nous servons à la crédibilité de l'illusion que nous créons, mais nous n'en faisons pas partie. Ces vidéos sont pour nous l'expérience esthétique utilisant comme matière première l'incompréhension collective.
Danielle, Jacques, et Louis Couturre.
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